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"Rien n'est jamais ce qu'il paraît être"

Yasmina Khadra est un auteur incontournable lorsque l'on tente de saisir ce qu'il y a de majestueux dans l'entreprise qu'est la croisée des regards. Tout commence par un nom. Alors qu'il était (qu'il est ?) en France scandaleusement subversif pour une femme d'emprunter un nom masculin (Aurore Dupin en est un bel exemple), Mohammed Moulessehoul, de l'autre côté de la méditerranée, prend le total contrepied de ce choix et décide d'emprunter un nom exclusivement féminin. Ainsi, Yasmina Khadra, l'ancien militaire, brise les codes. Parce que la littérature des femmes était considérée comme édulcorée, enveloppée du doux enrobage sucré des bibliothèques roses, elle n'était pas prise au sérieux. Une littérature faite par les femmes pour les femmes ? Quiconque s'est un jour interessé à une Jane Austen ou une Carson McCullers conviendra que c'est souvent bien le contraire. Alors, pour un lecteur qui n'aurait été pas averti, les romans de Yasmina khadra peuvent prendre une toute autre dimension la subjectivité acordée au genre de l'auteur biaise la lecture. Khadra se joue de ses codes, et mélange les genres.

  • Une belle histoire d'amour ? Ce que le jour doit à la nuit
  • Un amour impossible ? Les hirondelles de kaboul
  • Une quête initiatique des temps modernes ? Khalil
  • Une vie qui s'écroule ? L'attentat

Pas de normes, pas de cadre pour Khadra. Seulement un regard acéré, précis mais toujours honnête sur cette société qu'est la nôtre. Une réalité que nous voudrions codifier, que notre manichéisme force à ranger dans des cases. Les mots de Khadra résonnent pour nous rappeler qu'il n'y a ni bien, ni mal. Seulement l'être humain, qui tangue entre les deux.