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Nous ouvrons, ce site, ce blog, cet espace de lectures dédié à la navigation entre deux mondes. L'Orient et l'Occident, l'Europe et l'Afrique, l'autre et moi-même. Ici nous souhaitons partager nos découvertes ou redécouvertes littéraires. C'est tout naturellement que nous vient à l'esprit le fondement de cette démarche et de ce regard porté, qui n'est autre que "l'Orientalisme (l'orient crée par l'occident)" porté par Edward Said. Cet orientalisme présenté par lui-même comme une forme d'hégémonie culturelle de l'occident sur l'orient se veut désormais repensé mais surtout transposé dans le champ littéraire. Nous ne l'envisageons plus, ou plus toujours comme un système de domination, mais comme un réel dialogue instauré dans le monde de la littérature. Dans ce monde réinventé, la culture n'a pas de règles, encore moins de roi. La langue y est maniée avec subversion, et les personnages se répondent, se font écho, à la manière d'un Meursault contre-enquête. Une fois l'objet de ce blog défini, il nous fallait le nommer afin de parfaire son exstence. Nous avons donc décidé de rendre hommage à deux personnalités différentes en tout points, mais dont vous conviendrez de la ressemblance parfois amusante.

Nous avons donc assez naturellement pensé aux "sirènes" de Yasmina Khadra. Nous ne nous étendrons pas sur cet auteur ici, nous aurons l'occasion de le faire avec davantage de précision plus tard. En référence tout d'abord aux Sirènes de Bagdad, dernier roman de sa trilogie consacré au "dialogue de sourd entre l'Orient et l'Occident", mais plus largement aux sirènes comme personnages hautement littéraires. Elle constituent les personnages les plus mystérieux d'une des deux oeuvres fondatrices de la littérature occidentale, et nourrissent encore aujourd'hui les imaginations les plus folles. La seconde référence concerne Jugurtha, une figure antique qui nous fait remonter au premier siècle avant Jésus Christ. Jugurtha, prince numide, illustre une ambiguité déjà passionnante. Surnommé "l'ami de Rome", il passe la première partie de sa vie à combattre pour Rome (dans la péninsule ibérique d'abord, puis durant les guerres puniques) et la seconde partie à tenter de construire un royaume de Numidie unifié, ce qui le contraint à déclarer la guerre à Rome. Il est à mettre dans la même lignée que Cléopâtre, Mithridate, Boudicca, Vercingétorix ou encore Hannibal: ces figures historiques ont défié Rome.